Les femmes entrepreneures du Nigeria restent aujourd’hui encore confrontées à un certain nombre d’obstacles pour agrandir leur entreprise, que ce soit la faible visibilité de leurs produits et services, les difficultés d’accès à des marchés plus importants ou l’accès limité aux compétences numériques et au maniement des outils commerciaux en ligne. Pour de nombreuses habitantes de communautés rurales et mal desservies, cela signifie l’impossibilité de toute croissance pour leur entreprise et leurs revenus.
Pour combler ces lacunes, différentes sessions de Formation à la micro-entreprise numérique ont été proposées dans les communautés Itas et Jama’are de l’état du Bauchi au Nigeria, les 27 et 28 mars 2026, et dans la communauté Dakwa à Abuja les 1er et 2 avril. Si les Itas et les Jama’are sont des communautés rurales et semi-urbaines du nord-est du Nigeria, Dakwa est quant à elle une banlieue densément peuplée à la frontière entre le territoire d’Abuja, la capitale fédérale, et l’État du Niger. Ces formations ont permis aux femmes d’acquérir des compétences dans le numérique qui puissent les aider à renforcer leurs entreprises, à améliorer leurs revenus et à devenir plus indépendantes financièrement.
Pour s’assurer de contribuer vraiment à la croissance des entreprises, la formation consistait surtout à aider les femmes à mieux comprendre comment se servir d’outils numériques simples pour faire leur promotion et gérer leurs entreprises plus efficacement. Les participantes ont appris des savoir-faire pratiques comme l’utilisation de smartphones à des fins professionnelles, la création et la gestion de comptes professionnels sur les médias sociaux, la vente de produits sur les plateformes des médias sociaux, et l’utilisation de méthodes de paiement en ligne et d’outils numériques de gestion d’entreprise. Les ateliers permettaient également d’acquérir des notions en conception et création de contenu, édition de photographies et de vidéos, création de graphisme animé et de contenus publicitaires, et aidaient à mieux comprendre comment fidéliser sa clientèle et communiquer.
Formation à Abuja de jeunes femmes de la communauté Dakwa à l’utilisation de smartphones et d’applications pour optimiser les performances de leurs entreprises et être plus autonomes.
La formation, organisée par le Centre for Information Technology and Development (CITAD) avec le soutien de l’initiative Local Networks et animée par APC et Rhizomatica, a reçu une subvention de mise en œuvre destinée à l’opérationnalisation de la stratégie nationale relative aux réseaux communautaires au Nigeria.
Créer des sources de revenus locales
Pour nombre des femmes présentes, c’était la première fois qu’on leur enseignait comment les outils numériques peuvent contribuer directement à leur entreprise. La formation leur a permis de découvrir de nouvelles manières d’élargir leur clientèle, d’augmenter leurs ventes et de renforcer leur confiance en tant qu’entrepreneures.
Avec les communautés d’Itas et de Jama’are, la formation a réuni des cheffes de petites entreprises très variées, notamment des artistes de henné, des commerçantes au détail, des spécialistes de tressage de cheveux, des fabricantes et vendeuses de produits tels que des vêtements ou des bonbons, et d’autres entreprises informelles.
Des femmes qui n’avaient jusqu’alors aucune présence en ligne ont appris à créer un compte sur les médias sociaux, y publier des photos de leurs produits et communiquer de manière plus rentable avec leur clientèle. Quelques participantes ont également appris à créer du matériel de promotion simple pour améliorer l’attrait et la fiabilité de leur entreprise.
De nombreuses participantes ont fait part de leur expérience. Si avant la formation, elles dépendaient uniquement du bouche-à-oreille et du marché local pour vendre leurs produits, après avoir appris comment se servir des outils de médias sociaux et de communication en ligne, elles ont commencé à voir s’ouvrir la possibilité d’atteindre une clientèle au-delà de leur environnement immédiat.
Les femmes des communautés Itas et Jama’are reçoivent également une formation en conception et création de contenu, et en édition de photo et vidéo.
La formation encourageait également les femmes à penser différemment leur entreprise : avec un peu de volonté, leurs nouvelles compétences peuvent les aider à dépasser la survie quotidienne par le développement d’entreprises locales prospères.
Suite au succès des sessions de formation de Bauchi, l’initiative a proposé à la communauté Dakwa d’Abuja d’acquérir dans le même esprit des compétences pratiques pour améliorer les entreprises et les moyens de subsistance des femmes. À Dakwa, comme à Bauchi, les femmes ont participé activement aux sessions pratiques leur montrant comment proposer leurs produits sur le marché, se connecter avec la clientèle et utiliser les outils du numérique pour favoriser la croissance de leur entreprise.
Contribuer à la création d’un espace sûr pour les femmes
L’un des plus beaux accomplissements de la formation en micro-entreprise numérique est la confiance que cela a donné aux femmes qui y participaient. Elles étaient nombreuses à penser que les technologies étaient trop compliquées pour elles, et à découvrir qu’elles pouvaient apprendre à les utiliser efficacement.
La formation a créé un environnement sûr, encourageant les femmes à poser des questions, mettre en pratique leurs nouvelles compétences et partager leur expérience avec leur entreprise. L’importance de l’inclusion numérique a également été mise en exergue, ainsi que la nécessité de veiller à ce que les femmes des communautés mal desservies ne soient pas délaissées dans l’économie numérique.
Grâce à cette démarche pratique, la plupart des participantes ont quitté la formation avec un profil professionnel actif, de nouvelles idées de marketing, et une meilleure compréhension de la manière de promouvoir leurs produits et services, tout en veillant à leur sécurité en ligne. D’autres ont acquis la confiance nécessaire pour améliorer leur entreprise ou en ouvrir de nouvelles.
Les participantes ont quitté la formation avec une meilleure compréhension de la manière de promouvoir leurs produits et services, tout en veillant à leur sécurité en ligne.
The success recorded in Itas, Jama’are and Dakwa demonstrates the importance of investing in women's digital and entrepreneurial skills. As more women gain access to knowledge, tools and opportunities, they become better equipped to support their families, strengthen their communities and contribute to economic development.
Les succès obtenus chez les Itas, les Jama’are et les Dakwa illustrent l’importance d’investir dans les compétences entrepreneuriales et numériques des femmes. Plus les femmes ont accès aux connaissances, aux outils et aux nouvelles opportunités, plus elles sont en mesure de soutenir leur famille, renforcer leur communauté et contribuer au développement économique.
Le succès de la formation ne se mesure pas uniquement sur la base de la participation de 55 femmes provenant de trois communautés, mais également du changement durable provoqué dans leurs vies. L’initiative a ouvert la porte vers une indépendance financière accrue, des entreprises locales plus solides et des communautés plus résilientes. Cette formation en micro-entreprise numérique est plus qu’une simple activité d’enseignement, c’est une voie vers l’inclusion et la croissance durable pour les femmes du Nigeria.
Na gode ! (« Merci » en langue Hausa.)
Harira Abdulrahman Wakili, diplômée en relations internationales et en droit civique, réalise actuellement un postdoctorat en études stratégiques sur le genre à l’université Bayero. Fervente défenseure des droits numériques et de genre, elle joue un rôle majeur pour faire avancer les initiatives d’inclusion numérique liées au genre. Elle travaille actuellement comme coordinatrice nationale chargée des questions de genre pour l’initiative Local Networks (LocNet) au Centre for Information Technology and Development (CITAD), une organisation au Nigeria qui travaille auprès des communautés locales pour lutter contre la marginalisation due au numérique et soutenir la participation des femmes dans les espaces technologiques à travers la recherche, le renforcement des capacités, la formation, le plaidoyer, le soutien à la mise en place de politiques publiques et la sensibilisation du public et des médias.